New Orleans Funk

29 04 2005

New Orleans Funk
On peut être contre les compilations, parfois il y a des trucs incroyables qui pointent le bout de leur nez.
Sans l’excellent travail réalisé sur ce CD, jamais je n’aurai découvert ces trésors Funk.
Plutôt que vous parler de chaque artiste (ce dont j’aurai du mal vu que je n’en connais que quelques uns), j’ai cherché des infos sur le net, et au fil des articles je me suis dit :”faisons leur une petite revue de presse”. Voici donc quelques chroniques piochées ci et là.

Soul Jazz est un label cataloguant, de manière plutôt exhaustive et scientifique, les musiques noires d’antan, du reggae au funk, et en l’espèce celui très roots de la Nouvelle Orleans, qui ne connaît pas encore le revêtement en paillettes que lui prépare George Clinton. Un livret raconte sur quarante pages l’emprise de la ville sur le funk dans cette période de 60 à 75, donc nous passerons sur les considérations historiques. Passons aussi sur le fait que ce CD soit passé de main en main pendant deux semaines, donc ne commettez pas l’imprudence de le prêter après acquisition. Vingt quatre thèmes explicites, où se côtoient des bassistes prônant l’insurrection, des batteurs exigeants, des chanteurs charismatiques et des pianistes arrangeants, de la soul, du jazz bien sur, et un peu du folklore cajun local. Chuck Carbo (« Can I Be Your Squeeze ? »), ce qu’on entend communément par funk, The Explosions complètement carbonisés dans « Garden of Four Trees », la wah wah dégoulinante de bonnes intentions des Meters dans le sentimental « Just Kissed My Baby » ou une curiosité deep funk qui contraste avec tout le reste, « Mama Roux » par Dr John. Vous en avez assez de Detroit et Chicago ? Faites donc un crochet par la Nouvelle Orleans.

Gregory Papin

Un autre commentaire positif :

Une bien belle compilation consacrée à la funk de la Nouvelle-Orléans, ville au foisonnement musical incomparable par la divergence des cultures qu’elle absorba au cours du 20ème siècle; de la fusion des musiques créoles, cajun, latine, des caraïbes au jazz et au blues de l’époque naquît un style des plus particuliers dont les pianistes Fats Domino et Professor Longhair en sont les représentants les plus célèbres. Un genre relayé par une nouvelle génération d’artistes au cours des années 60-70, dans un registre soul-funk qui conserva la saveur du sound New-Orleans ; les Meters , Eddie Bo, Dr John, Lee Dorsey, Allen Toussaint, ont su faire évoluer avec maestria le rythm & blues New-Orleans des années 50 qui eut même une influence considérable sur l’émergence du ska en Jamaïque.

Du funk pour tous les goûts, rugueux avec Bo Dollis & the Magnolia, destructeur avec Ernie & the Top Notes et leur Deep Walk basé sur la rythmique du hit soul Tighten up (Archie Bells & the Drells), empreint de soul music avec les chanteurs Danny White, Ernie K. Doe, Robert Parker l’auteur des classiques Barefootin’ et let’s go baby, sur fond de blues urbain avec Lee Dorsey, envoûtant avec l’extraordinaire morceau Hercules du chanteur Aron Neville à la voix vaporeuse et fantomatique, aux accents caraïbes avec Huey Smith, groove-jazz avec l’instrumental it’s gonna rain du batteur Gentleman June Gardner, mélancolique avec la sensuelle Mary Jane Hooper. N’omettons pas la présence du Professor Longhair, pour beaucoup le créateur de la funk music, qui nous offre une belle version de l’instrumental Big chief au confluent du rhythm & blues, de la funk et de la musique latine.

Un disque accompagné d’un livret de près de quarante pages – historique de la scène musicale de la Nouvelle-Orléans , informations en quantité sur la plupart des artistes présents- autant vous dire que Soul-Jazz records n’a pas fait les choses à moitié pour cette compilation de choix sur laquelle se côtoient musiciens de renommée internationale, et d’obscurs noms aux indéniables qualités artistiques, restés confinés à des succès locaux du fait de l’absence d’une maison de disque d’importance à la Nouvelle-Orléans.

Régis

Bon vous l’aurez compris, si vous aimez le funk de cette période, ce disque est en passe de devenir une petite galette incontournable “dans les milieux autorisés”.

Au programme :
Can i be your squeese – Chuck Garbo
Gator Bait – The Gaturs
Handclapping song – The Meters
Hercules – Aaron Neville.mp3

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