Terence Trent D’Arby - Vibrator

24 03 2006

Terence Trent D'arby“Regarde le nouveau Terence !”. Je me souviens quand j’ai crié ça à ma copine de l’époque qui m’accompagnait au Virgin des Champs Elysées. Symphony or Damn était rangé dans mes étagères depuis de longs mois et je ne m’attendais pas à un nouvel album, peut-être par manque d’info. Toujours est-il que c’était une surprise, en ce début juin 1995.
Je cours donc vers la borne d’écoute, enfile le casque, et lance le premier titre et… BING ! La gifle.
Ce mec que l’on a stupidement comparé à Lenny Kravitz lance une intro rock comme notre ami à dreadlocks rêverait d’en faire. Violence (relative) de l’intro donc tempérée par la voix de velours de notre camarade TTD. « Il semble que le garçon soit de retour avec (encore) un grand disque » pensais je alors. Pourtant de prime abord la pochette de “Vibrator” (c’est son nom) ne fait pas spécialement envie. On y voit un Terence Trent d’Arby blond (encore des lubies), avec des ailes d’anges, bref la mégalomanie est encore bien présente. Mais en avançant dans ce premier titre incroyable qui hurle dans mes oreilles je me dis qu’il aurait tort de se priver.
Le pied battant la mesure, et le sourire béat sur les lèvres je me laisse porter vers le second morceau qui s’enchaine, et là encore le riff de guitare me prend par la main pour me mener vers un “Supermodel Sandwish” groove/rock des plus délicieux.
Je saisi un exemplaire déjà prêt à me diriger en caisse, mais la curiosité me pousse à aller plus loin. “Holding on to you” finit d’enfoncer le clou. Ballade soul avec la voix légendaire de Terence qui envahit mon esprit, je suis fou d’excitation, il est temps de rentrer à la maison, user en solitaire de ce “vibromasseur” musicale afin de pouvoir vivre pleinement le plaisir solitaire qu’il va me procurer.
La suite s’avère toute aussi intéressante, d’abord avec “Read my lips I dig your scene”, funky et moderne, et pourtant on apprendra dans une interview que cette chanson était destinée à son premier album mais refusée par la maison de disque car trop frileuse à l’époque…
Puis “Undeniably”… On se croit en terrain connu avec cette jolie ballade sensible comme il sait le faire, et la encore nous ne sommes pas au bout de nos surprises, le titre évolue et finit dans un chaos jazz mené par un Brandford Marsalis très en forme pour une prestation en temps que guest. L’émotion, l’originalité et la qualité, TTD va nous en servir tout le long de ces 13 titres et d’un peu plus d’une heure de bonheur. Il conclut seul au piano (du moins au début avant l’arrivée des violons) avec “It’s been said”, ce genre de chanson ou même si il chante l’amour on ressent toute la sensibilité de cet artiste mais aussi la douleur qu’il a pu connaitre lors de son parcours. Comme je le dis à chaque fois pour moi Terence Trent D’Arby est un écorché, et quand il m’emmène dans son univers d’émotions je fonce tête baissée.
Vibrator est certainement le dernier grand album de Terence Trent d’Arby, en tous cas il décidera juste après de changer de nom, peut être pour marquer un vrai tournant, et laisser sous ce nom une discographie pratiquement parfaite. Cet album marque aussi un (petit) retour médiatique, du moins en Europe. Il participe a de nombreuses émissions de télé (dont un taratata mémorable), “Holding on to you” est classé au “top 50″, et il se produit même sur scène. Le rendez vous français se fait a l’Olympia ou Terence va littéralement mettre tout le monde à genoux. Le concert qu’il donne ce soir là est probablement l’un des plus grand moment live que j’ai eu a voir. En plus d’avoir la rage de tout défoncer, et de prouver quel artiste de talent il est, il a osé ce que j’ai rarement vu. TTD débute “Sign your name” seul avec son guitariste dans une version acoustique très réussie, puis le guitariste s’éclipse pour laisser Terence poursuivre a cappella. La salle est attentive, mais l’homme est prêt à tout et décide de lâcher son micro. Et le voila qu’il poursuit la chanson sans micro, sans sonorisation, juste avec sa voix qui remplit un Olympia silencieux, subjugué, totalement hypnotisé et fasciné par cette homme filiforme, seul, sans artifice, uniquement porté par le talent. Cette image je la garderai toute ma vie, et la force des frissons qui m’ont parcouru le corps resteront à jamais dans ma mémoire.
Vous me voyez déjà venir avec ma conclusion :) Il vous FAUT Vibrator, les quelques titres disponibles aujourd’hui vous en convaincront je l’espère.

Vibrator
Supermodel Sandwich
Undeniably
It’s Been Said
If You Go Before Me

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