31
08
2005

Voila un groupe que j’adore sans pour autant posséder l’intégralité de leur discographie. Depuis l’arrivée de MTV en France, et de la diffusion du clip “Road to nowhere”, David Byrne me fascine, par son univers, son atypisme, et quelque part son génie. Et pourtant je n’ai pas approfondi « Talking Heads », achetant de temps en temps un album, ou m’arrêtant sur quelques clips ou interventions de ces talentueux malades.
Alors pourquoi en parler aujourd’hui ? Parce que je viens de découvrir une merveille, un film/concert d’une grande qualité, à la fois totalement ancré dans les délires 80’s du groupe et incroyablement moderne, il s’agit de STOP MAKING SENSE. Ce film (car tourné en 35 mm et destiné au cinéma) est réalisé par Jonathan Demme (”le silence des agneaux”, “Philadelphia” entre autre), et la mise en scène du spectacle de David Byrne. Le concept est simple : les Talking Heads “construisent un show” sous les yeux du public. La scène est donc un véritable chantier au début du concert, où Byrne arrive seul avec une guitare et un radio K7. Le film débute sur une version de Psycho Killer absolument grandiose (lecteur fidèle tu sais a quel point j’aime les superlatifs et les qualificatifs dithyrambiques, alors ne soit plus surpris). Pendant que Byrne termine son titre les « roadies » montent petit à petit les éléments de la scène, apportent les autres instruments, et chaque musicien vient un par un au fur et à mesure que s’enchainent les titres.

Les Talking Heads sont vraisemblablement dans une période orientée “funk” de leur carrière. Même si leur musique à souvent était assez “rythmée”, la voix de Byrne n’est pas a proprement parlé, une voix de “soul men”, et il n’est pas évident d’étiqueter leur disque d’un style en particulier (tant mieux d’ailleurs). Mais le choix des musiciens additionnels ne sont pas faits au hasard : Peter Weir des “Brothers Johnson” à la guitare et surtout Bernie Worell de Funkadelic/Parliament. De plus n’oublions pas qu’une partie des T.H. ont formé Tom Tom Club est sont “responsables” du cultissime “Genius Of Love” joliment samplé par Mariah Carrey il y a quelques années. Résultat, un concert visuellement et musicalement parfait. Byrne avec son costume géant sur “Once in a lifetime”, ou les écrans rouges très proches de ceux utilisés par U2 plus tard lors du ZOO TV tour, sont visuellement très forts.
Le DVD est à moins de 6 euros chez cdiscount quand ils en ont.. Pourquoi se priver
La petite sélection du jour est issue de ce live :
Girlfriend Is Better
Life During Wartime
Swamp
Genius Of Love (Tom Tom Club)
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Catégories : Funk/Soul/R&B, Soundtrack
27
08
2005

Blowfly est un groupe à part sur la scène funk. Depuis 1965 le groupe de Clarence Reid a pour unique thème de ses chansons “le sexe”. Et quand je dis “le sexe”, je ne sais pas si ce sujet a autant été décliné, musicalement parlant j’entends, mais il semble intarissable sur le sujet. Que ce soit seul, à plusieurs, avec des zombies ou dans l’espace, Blowfly nous conte ses mésaventures, tel un super héros. Les paroles sont tellement irrévérencieuses, que Reid va de procès en procès, et fut même attaqué en justice par Stanley Adams le président de l’ASCAP (en gros la sacem américaine), qui n’a pas apprécié la reprise d’un de ses standards de jazz “What a Difference a Day Makes” transformé en “What a Difference a Lay Makes.”

Si je parle de “scène funk” en évoquant Blowfly, c’est parce que Clarence Reid n’est pas (juste) un rigolo capable de décliner ses prouesses sexuelles sur des mélodies gentiment groovies. Il a aussi produit d’excellents titres pour Gwen MacRae, KC & the Sunshine Band, Sam and Dave ou Betty Wright.
Avec de tels textes, et une longévité incroyable, puisque le nouvel album vient de sortir, Blowfly est devenu culte, et dans les années 90 on trouve des guests comme 2 live crew , Fishbone ou Flea de Red Hot Chilli Peppers.
Pour finir voici quelques exemples de titres de chansons, tout en poësie et en finesse : ” Show me a man who don’t like to fuck”, “Can I come in your mouth”, “Without Your Pussy I Can’t Live “, “Suck my dick”, “Fuck you”, “Fuck around the clock”, etc etc…
Aujourd’hui il n’était pas facile pour moi de choisir 

Voici donc un rapide panorama du talent de Blowfly avec le classique “Too fat too fuck”, “Beggin’ For Pussy Medley” une parodie des ballades du début des années 80 (« Hello » de Lionel Richie, et surtout “She’s out of my life” rebaptisée “He’s out of my ass” de Michael Jackson, en prennent un coup), puis d’autres perles comme “The First Black President”.
Too fat too fuck
Beggin’ For Pussy Medley
Fuck & Suck Train
Fuck The Fat Off
The First Black President
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Catégories : Funk/Soul/R&B
17
08
2005

Nous abordons aujourd’hui la période la plus touchante de TTDA et surement la plus déchirante pour lui. Nous sommes en 1989, voila 2 ans que Terence nous a livré son chef d’oeuvre soul/funk, multi disque d’or. Il est donc attendu au tournant. Les seconds albums sont toujours des périodes difficiles pour les artistes. Surtout lorsqu’ils ont connu un succès aussi rapide et gigantesque que celui de TTDA. La tentation de rester dans les mêmes sonorités pour ne pas déstabiliser le public est aussi grande que celle de se faire plaisir sans penser aux autres, et de sortir un album sans concession. La pression de la maison de disque est souvent très forte aussi.
Inutile donc de vous dire à quel point ce second disque était attendu. D’abord par les fans qui en voulaient plus, mais aussi par la critique qui n’a pas oublié l’arrogance de l’artiste.
Neither fish nor flesh sort en octobre 1989, et TTDA réussi une prouesse immense : se mettre à dos simultanément le public et la critique.
D’abord la presse : quand les journalistes reçoivent l’album avant sa sorti pour faire leur chronique, ils s’en donnent à coeur joie. En effet TTDA a choisi d’être sans concession et de faire un album (apparemment) complexe. En tout cas moins facilement accessible que le précédent. La presse le descend en flèche, ils peuvent enfin prendre leur revanche et en plus de traiter de prétentieux l’homme, il considère que sa musique l’est aussi.
Les fans de Wishing well, et de Sign your name se sentent délaissés, voire trahis, et ne font pas l’effort de creuser ce disque qui demande plusieurs écoutent…
Et pourtant… ET POURTANT. Neither fish nor flesh est un chef d’œuvre (je le repette). TTDA montre enfin toute la complexité et toutes les possibilités de sa personnalité. Il joue avec sa voix, avec les mélodies, les styles, et avec nos oreilles. Bien loin des basses groovies, ou des synthés funky, le voila qu’il ouvre le bal de sa voix magique uniquement accompagnée par…. une harpe. C’est sur que ce n’est pas très « Top 50 ». De la harpe on passe à la darbouka, et autres sonorités orientales… Le premier single “this side of love” ne convainc pas non plus. Le clip est plus noir que les jolies “histoires de couples” que nous avions vu jusque là, et le titre beaucoup plus rock. Il tente alors de sortir une ballade “To Know Someone Deeply Is to Know Someone Softly”, qui s’en sort un peu mieux au niveau des ventes, mais ne suffira pas à faire décoller l’album. Même ce single regorge de surprises, je vous laisse entendre derrière la jolie mélodie, le délire de TTDA sur son piano.
Les ventes sont catastrophiques, la tournée est annulée, et TTDA veut tout arrêter. Il va encaisser un pugilat médiatique comme il est rare de vivre, mais il en faut plus pour laisser totalement K.O un tel artiste… c’est ce que nous verront dans quelques semaines 
Voici le programme du jour, et n’hésitez pas a cliquer sur le lien “occasion” ou ce disque est souvent vendu moins de 3 euros :
I Have Faith In These Desolate Times
Roly Poly
To Know Someone Deeply Is To Know Someone Softly
You Will Pay Tomorrow
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Catégories : Funk/Soul/R&B